Les amphithéâtres vides, des cours enregistrés visionnés par une poignée d’intrépides, et des étudiants fantômes qui s’éternisent dans le même cycle universitaire… Non, ce n’est pas le pitch d’une série britannique futuriste, mais bien le constat désabusé (et un peu perplexe) d’un maître de conférences expérimenté du Royaume-Uni. Plongez avec nous dans les coulisses d’un phénomène largement méconnu, où 70 % des étudiants semblent bouder les salles de cours, et où chacun cherche encore à comprendre le pourquoi du comment !

Des salles jadis bondées, aujourd’hui désertées

Il fut un temps pas si lointain où trouver une place assise en cours relevait du miracle : chaque chaise était occupée, les retardataires assis dans les escalier, et certains se faufilaient même dans les allées. Aujourd’hui ? Place nette ! Le constat est partagé, non seulement dans le département du maître de conférences qui s’exprime, mais aussi dans d’autres facultés et universités à travers le pays. Cette chute libre de l’assiduité ne relève donc pas du simple ressenti individuel. C’est l’ère du vide… et de la question : où sont passés les étudiants ?

Enregistrements, ressources en ligne, et étudiant-fantôme

Face à la désaffection croissante, les universités n’ont pas ménagé leur peine : cours enregistrés, diapos, feuilles d’exercice et documents de lecture mis à disposition sur Moodle, tout est prêt pour faciliter la vie des étudiants. Mais – allez savoir pourquoi – les statistiques montrent que ces outils sont rarement utilisés. Pour donner une idée, sur une cohorte de 100 étudiants, seuls 4 en moyenne daignent cliquer sur un enregistrement de cours. Les journaux de connexion à Moodle révèlent même que de nombreux documents ne sont jamais ouverts.

  • Des amphithéâtres quasi-vides
  • Des ressources rarement consultées
  • Une minorité d’étudiants assistent à 5 cours dans l’année puis échouent et… recommencent !

Certains étudiants entrent dans un cycle infernal : inscription, quelques apparitions en cours (parfois cinq dans l’année…), échec massif, demande à redoubler, puis version 2, 3 ou 4 du même scénario. Ce marathon universitaire dure parfois jusqu’à ce que les aides étudiantes soient épuisées ! À ce rythme, on se demande qui a le plus besoin d’un coach : l’étudiant, ou le dossier administratif ?

Enquêtes, biais et mutisme : comprendre l’absence

Pour tenter de démêler ce mystère, universités et médias (le Guardian s’y est mis aussi) ont mené des sondages. L’espoir ? Découvrir la face cachée de ce désengagement massif. Sauf que… ces méthodes posent souci : elles attirent surtout les étudiants engagés (ceux qui viennent déjà aux groupes de discussion), alors que les absents – et donc premiers concernés – ne s’expriment que rarement, et parfois seulement de façon anonyme.

Il y a donc un vrai angle mort : les raisons profondes du désinvestissement restent largement tues ou ignorées. Et si tout le monde a une petite idée sur la question, le tableau reste inachevé. Difficile alors pour les enseignants de ne pas basculer dans la spéculation façon « c’était mieux avant » !

Entre vécu personnel et prudence… que nous manque-t-il ?

Le maître de conférences à l’origine de ce cri du cœur n’est pas dupe. Lui-même ancien étudiant ayant connu la galère de la santé mentale, il connaît aussi le quotidien de ses amis : responsabilités familiales, boulot à côté, véritable aversion pour certaines matières… Rien de nouveau sous le soleil ? Pas si sûr.

En effet, le contexte a changé : la pandémie, la précarité financière croissante, l’incertitude face à l’emploi, autant de facteurs susceptibles d’accentuer le décrochage. Mais attention à ne pas projeter les ressentis d’il y a 20 ans sur la génération actuelle. Les enseignants, même pleins de bonne volonté, l’avouent : beaucoup de choses leur échappent.

Alors, un conseil de la rédaction ? Si vous avez une opinion, exprimez-la, anonymement ou non. C’est sûrement le meilleur moyen d’alimenter (enfin) la réflexion collective sur le devenir de l’université et la transformation silencieuse du monde étudiant.

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